MILES DAVIS… EN SONS ET IMAGES A LA CITE DE LA MUSIQUE.

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

 

MILES DAVIS S’EXPOSE

Depuis déjà quelques années la cité de la musique rend régulièrement hommage aux grands artistes qui ont transcendé l’histoire de 20e siècle. Les initiatives sont souvent réussies et démontrent une certaine originalité, comme l’année dernière avec l’exposition SERGE GAINSBOURG. Celle de Miles Davis est là pour nous rappeler le cinquantenaire de la parution de l’album “Kind Of Blue“.

MILES DAVIS, UNE HISTOIRE A FACETTES

Louis Armstrong et Miles Davis sont la référence quand on évoque l’histoire de la trompette jazz. Le premier, quand le jazz était “découverte” et le second quand son langage est devenu “institution”. A la différence de Louis Armstrong, personnage expansif et jovial, Miles Davis a conservé pendant très longtemps une grande difficulté à exprimer ses émotions et à les canaliser.

Pour les historiens, il existe deux “Miles” bien identifiables : celui de la période acoustique, de 1945 à 1969, et celui la période électrique, de 1970 jusqu’à son décès en 1991. A l’intérieur de ces deux périodes existent des changements de style, des remises en question et des aboutissements.


Dans la période acoustique, Miles Davis est un trompettiste qui suivra avec une certaine sagesse les différents courants du jazz : bebop, cool, hard-bop et enfin modal. Outre son travail avec l’arrangeur Gil Evans, deux principaux quintets marquent sa carrière lors de cette période : le quintette comprenant John Coltrane (sax) et Bill Evans (piano), c’est l’époque de “Kind of Blue“…

Et celui des années 60 avec Wayne Shorter (sax), Herbie Hancock (piano), Tony Williams (batterie) et Ron Carter (contrebasse).

C’est au début des années 60, alors que le free jazz prend de l’ampleur, que Miles commence à s’entourer de jeunes talents et à tracer de nouvelles voies toutes personnelles. Cette attitude, il la gardera jusqu’à la fin de sa vie. Chaque phase musicale, chaque rencontre, sont pour lui comme un challenge, un pari sur l’avenir.

Quelques années plus tard, sorti de sa période free, le jazz est dans une impasse. Des musiciens comme Miles Davis s’intéressent de plus en plus à la mouvance pop et aux rythmes binaires qui l’accompagnent. Miles décide alors de prendre un virage à 180 degrés. A la recherche de nouvelles sonorités, il favorise les instruments électriques. Exit le piano acoustique et la contrebasse, le piano électrique Fender Rhodes fait son entrée et la trompette est utilisée avec une pédale wah-wah. Le jeu de Miles se transforme. Il commence à jouer dos au public, penché sur sa trompette électrifiée. Les phrases, autrefois pleines d’envolées lyriques, se transforment en soubresauts, en une suite de sons stridents épousant la rythmique. Pour les fans de la première heure, c’est le choc !

miles davis concert salle pleyel

Au début des années 70, la musique de Miles Davis subit de nombreuses critiques négatives provenant de la presse spécialisée. Des soucis de santé et des excès d’une vie trop sulfureuse l’éloignent de la scène. Il faudra attendre son come-back dans les années 80 pour que la presse, autrefois méprisante, salue le génie de l’artiste et son côté précurseur. Toute une génération de musiciens, aujourd’hui très connue dans le monde du jazz, est passée entre les mains de Miles Davis : les pianistes Chick Corea, Keith Jarrett, Joe Zawinul, le guitariste John McLaughlin, les batteurs Billy Cobham, Airto Moreira, le saxophoniste Gary Bartz, le bassiste Michael Henderson… la liste serait longue !

Tout à la fois charismatique et ambiguë, sa très forte personnalité à multiples facettes a révolutionné l’art du jazz, des années bop aux années funk. C’est grâce à son attachement à renouveler la vision de cette culture afro-américaine et de son langage, que le musicien a réussi un pari difficile, celui de traverser les générations (son dernier album, “Doo-bop” sorti en 1991 est une référence pour les amateurs de hip-hop). Si Miles Davis était encore parmi nous, il serait certainement le roi d’un jazz electro mâtiné de rap, mais cela, nous ne le saurons vraiment jamais !


L’EXPOSITION MILES DAVIS A LA CITE DE LA MUSIQUE

La vie de Miles Davis est riche en rebondissements et en rencontres. La Cité de la musique a vu les choses en grand, comme pour répondre à l’attente d’un public très fidèle à ce genre de manifestations.

Tout y est ou presque. Le visiteur est invité à découvrir, à travers de nombreuses salles, la vie de Miles Davis, privée comme professionnelle : sa ville natale, East St-Louis, ses premières expériences musicales, son ascension, jusqu’à son dernier concert à Paris.

Miles Davis enfant exposition

Au hasard de la visite, vous verrez des photographies inédites signées par de grands noms, des extraits vidéo de ses concerts, les instruments dont il a joué, des partitions rares (qui attirent très souvent la curiosité des musiciens), mais également les différentes tenues de scène avec toutes ses excentricités et ses modes, costumes à flanelle comme costumes à patte d’eph. Des œuvres d’art, des tableaux et des sculptures complètent la visite.

Si la première salle nous fait entendre la voix caractéristique de Miles Davis, brisée, comme le son plaintif de sa trompette, dans une autre, Miles joue pour nous sur des écrans. Différentes photographies nous invitent à nous arrêter le temps d’écouter dans des salons baptisés “sourdines” (en référence aux sourdines de sa trompette) sa musique élaborée.

Au détour d’une salle, l’exposition nous rappelle que l’auteur a séjourné pendant un moment dans la capitale, vivant une fulgurante histoire d’amour avec Juliette Gréco. Cette même salle souligne également le talent de l’improvisateur, quand il se mettait au service du cinéma nouvelle vague (Louis Malle - Ascenseur pour l’échafaud - 1957).

L’exposition est répartie sur deux étages. Le rez-de-chaussée est consacré à la période acoustique et le sous-sol décrit la période électrique, la période abstraite du maître. Celle du porte-parole de la black attitude, quand naissaient dans les doigts de Marti Karwein et de Corky McCoy des pochettes de disques aux allures psychédéliques.

Puis vient la fin, celle du retour en grâce d’un artiste aux allures sombres, quand Miles Davis se transforme en pop star, flirtant avec la musique funk et hip-hop.


DES CONCERTS POUR SOULIGNER L’EVENEMENT

A la fin du mois d’octobre, un cycle de concerts baptisé “We Want Miles” accompagnera l’exposition (à la Cité de la musique et à la Salle Pleyel). Vous pourrez entendre le Wayne Shorter Quartet, le Joe Lovano Nonet et Wallace Roney. En complément, des projections de films, documentaires et concerts filmés auront lieu les 31 octobre et 1er novembre.


EXPOSITION : « WE WANT MILES » - MILES DAVIS, LE JAZZ FACE A SA LEGENDE.
Du 16 octobre au 17 janvier 2010 – Cité de la Musique à Paris (Parc de la Villette, 19e arr.)

VISITEZ LE SITE CONSACRE A L’EXPOSITION DE MILES DAVIS…

MILES DAVIS - EXPOSITION CITE DE LA MUSIQUE


MILES DAVIS… LA DISCOGRAPHIE SELECTIVE

Voici une humble sélection de disques du maître et destinée à tous ceux qui souhaitent partir à sa rencontre…

  • Ascenseur pour l’échafaud (1957)
  • Round about Midnight (1957)
  • Kind Of Blue (1959)
  • Sketches of Spain (1960)
  • Miles Smiles (1965)
  • Nefertiti (1967)
  • Bitches Brew (1969)
  • On the Corner (1973)
  • Get Up With It (1974)
  • Tutu (1986)
  • Doo-bop (1991)

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags XHTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <blockquote cite=""> <code> <em> <strong>