ELIANE ELIAS, ENTRE BOSSA ET JAZZ
Vous aimez les saveurs sucrées des harmonies bossa et son rythme au doux balancement, alors une occasion vous est offerte d’aller entendre une pianiste spécialisée dans ce style musical, Eliane Elias. Elle est de passage à Paris le 19 et 20 octobre 2009 pour deux concerts (La Cigale et l’Avant-Scène, à Paris).
ELIANE ELIAS, REINE DE LA BOSSA
Eliane Elias est loin d’être une débutante. Fidèle à ses racines, elle est profondément attachée à cette musique du Brésil la bossa nova et à son compositeur le plus célèbre, Jobim.

De formation classique, elle devient professionnelle dès l’âge de 17 ans en accompagnant des noms aussi célèbres que Vinicius de Moraes ou Toquinho. Sa participation au sein du Steps Ahead en 1983 a de quoi surprendre, mais n’oublions pas qu’une carrière musicale se construit, tout comme la vie privée, par des rencontres. C’est ainsi qu’elle croisera sur sa route son futur mari Randy Brecker (1984), trompettiste et adepte d’une musique appelée « jazz-rock » qui, déjà à l’époque, vivait ses dernières expériences.
Eliane Elias à presque l’âge de la bossa, elle a grandi avec. Lorsque l’album Bossa Nova Stories paraît l’an passé, la chanteuse et pianiste célèbre à sa façon les cinquante ans d’un mouvement musical né au Brésil, autour de quelques artistes comme Joao Gilberto ou Antonio Carlos Jobim.
Elle se souvient : “Je suis née à São Paulo dans les années 1960 au son de la bossa-nova. Elle était partout autour de nous. C’était la musique populaire de cette époque, avec son rythme contagieux et ses paroles poétiques : romantique, tranquille, jazzy, sensuelle, sublime“.
Ce document datant de 1990 a été enregistré au Japon et nous fait entendre la pianiste en trio dans une chanson de Jobim/Moraes popularisée en France par Georges Moustaki sous le titre “Les Eaux de Mars“. La musique, les lieux sentent bons l’été et les vacances. Le charme et le jeu d’Eliane Elias opèrent auprès d’un public japonais connu pour ne pas être très expansif.
UNE BRILLANTE CARRIERE
Eliane Elias n’est pas qu’une pianiste chevronnée et douée d’un grand sens de l’improvisation, elle est également une chanteuse accomplie, capable de chanter en anglais comme en brésilien tous les grands succès de bossa nova.
Sa carrière est jalonnée de très bons disques. Elle a flirté avec pratiquement tous les grands noms de la chanson brésilienne et a su s’entourer de très bons musiciens de jazz comme le contrebassiste Eddie Gomez, Marc Johnson (voir vidéo), les batteurs Jack DeJohnette et Peter Erskine (voir vidéo). Des grands noms du jazz ont croisé sa route, le pianiste Herbie Hancock, le saxophoniste Joe Henderson et l’harmoniciste Toots Thielemans, mais également des noms rattachés à des musiques plus populaires comme le chanteur Michael Franks ou l’ancien guitariste de Police Andy Summers.
ELIANE ELIAS ET LE JAZZ VOCAL
Depuis quelques années le public renoue avec le jazz vocal et la bossa. Ce soudain intérêt a conduit Eliane Elias à suivre cette voie toute tracée. Comme pour Diane Krall, mais peut-être de façon plus convaincante, Eliane Elias a enregistré quelques disques qui ont bien marché commercialement : Dreamer et Around the City. Bien sûr, ces disques n’échappent pas parfois à une certaine mièvrerie par l’apport d’une orchestration lourde et sirupeuse, mais c’est également cela qui contribue à leur succès.
Eliane Elias a constitué un solide quartet composé de fidèles compagnons : Marc Johnson à la contrebasse, le plus ancien membre, le batteur Satoshi Takeshi et Gustavo Salieri qui a la particularité de jouer de la guitare à 8 cordes.
Ainsi, la carrière d’Eliane Elias est construite sur une dualité : le jazz pour l’improvisation et la bossa pour son rythme et ses harmonies (elle a d’ailleurs consacré deux albums au maître Jobim). Il ne faut pas mettre pour autant de côté ses talents de compositrice qui, il est vrai, sont moins connus du grand public. La finesse de son écriture s’est déjà exprimée au sein de petites ou grandes formations, mais souvent l’écrasante domination de compositions aussi connus que The Girl From Ipanema ou Samba De Una Nota So rend la tâche bien difficile, même pour une compositrice douée ! Henri Salvador, inspirateur de la bossa, ne dirait pas le contraire…
par Elian Jougla (10-2009)
























4 déc 2009 à 18:36
J’aime beaucoup Eliane Elias, une pianiste certainement plus authentique qu’une Diana Krall, trop commerciale à mon goût.